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La peinture de théLe chagake est le mot japonais qui désigne la peinture de thé. Son écriture japonaise se décompose en deux éléments : cha, le thé, et gake (qui vient du mot kake), l'objet suspendu. C'est donc un représentation picturale en rapport avec le thé, ou plutôt avec le lieu où le thé est consommé. Dans le pavillon de thé, la décoration est simple. Dans le tokonoma (la pièce traditionnelle japonaise flanquée de tatami), une fleur (chabana 茶花), une peinture ou une calligraphie et un objet. La calligraphie et la peinture dites de thé (chagake) tout comme les objets qui décorent l'alcôve de la pièce de thé, correspondent à une esthétique qui repose sur le principe esthétique de la pensée Wabi Sabi devenue fondement même de l'art du thé (Wabi-cha) sous l'influence décisive de Sen no Rikyû au XVIe siècle. Cette pensée prône les valeurs d'une beauté en harmonie avec la nature, d'une beauté éphémère que l'on peut ressentir devant le changement perpétuel et inéluctable du monde. Wabi-Sabi Wabi Sabi est un principe de vie et une certaine conception d'une beauté qui porte les traces du temps qui passe, qui nous arrache à un idéal de beauté ordinaire. Il n’est pas concevable de parler de la voie du thé sans parler de wabi sabi (et inversement) en lequel se manifeste un mouvement de contestation à l’égard de la pompe et de la perfection de l’empire du Milieu. Le passage dans le magnifique jardin paysager permet aux invités de plonger dans un état d’esprit propice à la méditation. La cérémonie du thé plonge tous ceux qui y prennent part dans une sereine contemplation du réel. La notion de wabi-sabi met l’accent sur la sobre simplicité de la beauté Le ZenLes calligraphies "chagake" s'inspirent de pensées et d'expressions profondément Zen et sont réalisées dans une grande liberté du trait. Les peintures "chagake" visent à une transcription sans fioriture d'une perception aigüe de ce qui entoure le peintre, montrant une préférence pour les formes asymétriques, marquées par la simplicité et la sincérité, valeurs présentes dans le bouddhisme Zen. En ce qui concerne les peintures dites de thé, l’orchidée chinoise, plante à longues feuilles élégantes, est, à l’origine, associée à la modestie et à la noblesse de caractère. Elle est un thème populaire apprécié des lettrés. Le thème a été repris par les moines zen japonais qui ont étudié le sujet à partir de peintures importées de Chine. L’association bambou et moineaux était l’un des sujets favoris non seulement de l’académie d’art impériale mais également des lettrés. Les moineaux associés soit au bambou soit au prunier représentaient l’un des standards des artistes des Song du Sud ; Le bambou représente les vertus hautement considérées dans la philosophie zen. Le moineau a un attrait particulier pour les moines zen qui voient la possibilité de faire un parallèle entre l’idéal d’illumination libéré des contraintes d’un monde de discrimination et le comportement spontané du moineau dans sa joie de vivre. Avec le bambou et l’orchidée, le prunier fait partie des « Trois pures » thèmes favoris des lettrés chinois. Son association avec la pureté d’esprit fait du prunier, depuis le 11ème siècle, un sujet idéal pour la poésie et la peinture monochrome. Ce genre de peinture est, encore actuellement, très prisé des connaisseurs et en particulier de ceux en relation avec la cérémonie du thé. On peut, en effet souvent voir ce genre de peinture suspendue dans le tokonoma de la pièce de thé.
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