
Le roman du Genji
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“Le Roman du Genji” • Présentation
Écrit vers l’an 1008 par Murasaki Shikibu, dame à la cour impériale du Japon, “Le Romandu Genji” est considéré comme l’essence même de la culture japonaise.
Œuvre narrative de pure fiction, la plus longue histoire d’amour du Japon, ce roman intemporel,universel, d’une profondeur spirituelle émouvante, le plus ancien roman psychologique au monde (selon certains spécialistes), est aujourd’hui mis au rang de “Monument littéraire du patrimoine mondial”.

Musée du Dit du Genji à Uji : Danse des papillons
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Le récit s’étale sur trois quarts de siècle, concerne quatre générations d’aristocrates soit 430 personnages et se voit émaillé de 795 “Tanka”
(poésies brèves de 31 syllabes).
Le XIe siècle, époque Heian, est une époque clé dans la culture traditionnelle japonaise. Le Japon s’affranchit des influences du Continent et se définit dans toute son originalité. Dans le domaine artistique apparaît l’école des “emaki”
(romans graphiques). Dans le domaine linguistique on assiste à une véritable révolution. Le vocabulaire chinois est proscrit, la littérature féminine qui connaît un essor sans précédent, définit les bases du “Miyabi” (sens du beau et du raffinement). Les femmes utilisent non plus les caractères chinois mais les syllabes phonétiques, “Hiragana” ,dont l’élégance de la calligraphie représente le style “Onna de” (écriture féminine).

Musée à Uji : voiture du Genji
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A la cour de Heian, l’existence féminine est confinée. L’écriture est une obsession. Le “Tanka”, élément indissociable de la culture courtoise, est la forme la plus courante de correspondance, le principal véhicule d’échanges amoureux.. Dans “Le Dit du Genji” on considère que les “Tanka” représente 80% des échanges entre les personnages.
Un sentiment intense de solitude, une existence incertaine
sont les thèmes récurrents de la poésie de Heian.
Les poèmes attestent également de la grande curiosité qu’ont les Japonais pour le calendrier. Le passage des saisons suscite l’émotion profonde devant la fragilité des choses, devant leur vocation inéluctable à disparaître, “Mujo”.
Sous le thème des saisons abordé par l’auteur d’un “Tanka”, les sentiments filtrent discrètement. Le paysage évoque un univers intérieur dans lequel on découvre le répertoire nuancé des inquiétudes, des désirs et des attentes.
Ces poèmes courts sont l’expression d’un intervalle où frémit l’émotion propre à créer l’harmonie.
La permanence, avec les siècles, des tonalités poétiques de Heian dans le champ culturel nous autorise, aujourd’hui, à considérer la manière d’être “Miyabi” et la sensibilité à la poignante mélancolie des choses, “Mono no aware”, comme deux éléments fondamentaux du sentiment esthétique japonais. |